4160 kilomètres. Cap au nord en autostop. Halte Fluviale #3 : Stockholm.

Une journée dans un Stockholm qu’il m’aura fallu ré-apprivoiser. La vue sur le bras de mer et la ville la veille au soir, me semblait proche de mes souvenirs, mais ce matin nous déambulons dans des rues où je ne reconnais rien, sans même saisir des bouts d’ambiance qui me soient familiers.

Il faut dire que notre auberge n’est déjà pas des plus attrayantes et débouche sur une avenue bondée et en travaux. Mais lorsque nous nous éloignons du trop plein de monde et de bruit pour traverser des ruelles plus étroites et plus agréables, je reprends goût à la ville, et ce, même si je ne reconnais toujours rien. Nous nous arrêtons deux bonnes heures dans un salon de thé chaleureux, où, sur une petit table accolée à la fenêtre, le stylo à la main, nous nous employons à remplir nos carnets de route de nos récentes aventures. Même s’il est difficile de s’y astreindre chaque jour, et quoi qu’en pense notre hambourgeois d’il y a peu, le carnet me paraît essentiel au voyageur, ainsi chargé de contenir à chaud l’essence du voyage, quel qu’en soit la qualité littéraire. Et si la poésie de la chose peut paraître dépassée pour certains, lorsque l’on veut bien se prêter au jeu, le voyage mène alors une double voire triple existence ; il est appréciable en temps réel, dans un deuxième regard par l’écriture de ces fragments de vie hors du quotidien, enfin par ce qu’il en restera dans le souvenir et dans le carnet.

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Il nous faut ensuite trouver à manger, le temps s’étant dilaté d’une étrange manière dans les vapeurs de thé, au rythme de nos mots déposés sur le papier. Nous parcourons tout de même une bonne partie de la ville avant de trouver un plan repas qui nous convienne, et qui nous conviendra tant et si bien que nous renouvellerons l’expérience : des salades à composer soi même dans les supermarchés (contrairement à notre salade de la veille qui était déjà préparée telle quelle).
Mais c’est qu’ils sont futés, la salade se paye au poids et pas de pèse-aliments près du « bar à salade ». C’est donc à la caisse que nous nous rendrons compte que ça n’est pas donné. Il faut dire que le bar à salade propose un très large choix d’ingrédients appétissants ; cela va des crudités (tomates, avocats, maïs, carottes, etc.) à des pâtes, du jambon, du poulet, des graines, des viandes en sauce, des cubes de fromage, des tomates confites, et encore plein de bonnes choses un peu mitonnées : bref, il y a de quoi se laisser emporter.
Cela dit, c’est sans trop de scrupules que nous dépassons notre budget repas habituel, c’est complet, varié et bon, et cela change de nos encas des jours passés et futurs.

Nous mangeons dans un parc sous la bonne garde d’une petite église de quartier, je commence à reconnaître la ville de mes souvenirs. Puis, nous prenons la direction du Djurgården, occasion de se faire les jambes dans un parc immense directement accolé au centre ville. La sensation de passer de la ville à une nature riche d’arbres, de plantes et d’animaux, sans réelle transition et à portée de pas, est assez folle. L’amour des pays scandinaves pour la nature est palpable jusque dans les capitales, et c’est particulièrement marquant à Stockholm, où une telle verdure cohabite avec une ville très grande, peuplée et cosmopolite, pleine de touristes, souvent français, plus éloignée des sensations douces que procure Copenhague.

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Cette après-midi verte nous fait le plus grand bien et constitue une transition parfaite vers la suite de notre périple. Nous avançons loin dans le parc, suivant les berges d’un des multiples bras de mer se frayant un chemin jusqu’aux villes du sud de la Suède, à la recherche d’une balançoire issue du souvenir de Florian mais que l’on peine à débusquer. Ce sera l’occasion de s’arrêter dans un petit café à flanc d’eau, puis de faire demi tour.
Au détour d’un chemin, nous tombons à tout hasard sur la balançoire que nous avions renoncé à chercher, et après s’être laissé le temps de replonger dans des souvenirs, nous marchons de nouveau sur des rivages plus citadins.

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Djurgården se compose également de quelques musées ainsi que d’un parc d’attraction, et est un point d’orgue du mélange culturel et naturel qu’affectionnent les suédois. Même si nous passons devant au retour, ils ne seront pas objet de notre visite, nous qui avons déjà commencé à penser au grand nord.
Pour autant, les hauteurs de la ville dans le crépuscule continuent de nous charmer et nous déambulons toute la soirée dans une douce quiétude avant de rentrer nous coucher et nous préparer à franchir un nouveau pas dans notre voyage et entamer la traversée de ce pays immense dont nous ne sommes ici qu’au préambule.

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